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Victor Pierrehumbert : Les Urbaines

VICTOR PIERREHUMBERT PHOTOGRAPHE L’ŒIL EN MIRE JUSQU’AU POINT D’ORGUE Lorsque je le vois déambuler, appareil au cou, lourd sac à l’épaule, il me donne l’impression de tout maîtriser. Qu’il veut être prêt à toutes les éventualités. Il traverse la ville de son regard. Balayant l’espace. Il va au devant du hasard qui lui fait parfois des cadeaux dans des rencontres impromptues, qu’il a le don de mettre en scène. Victor est un photographe de la théâtralité où chaque détail est pensé, pesé, ordonné. Il a aussi la distance du sage. Il va à l’essentiel dans ce qu’il entend capter. Toutes ses scènes intra muros ont ce parfum d’urbanité. Il y a un art du dépouillement dans ce qu’il entreprend. Et cent fois sur le métier, il remettra le doigt sur le déclencheur. Dans une recherche éperdue de perfection. Prenons un exemple parmi d’autres. Il n’hésite pas à se faire copieusement rincer pour tenter de figer une flaque d’eau qu’une voiture bleue dotée d’un point rouge - enveloppée d’un léger flou - s’évertue à verser sur le passant photographe. Victor aime filer la métaphore. Jouer du net et du flou. Qu’il s’agisse d’un groupe de gens et de leurs chiens en attente qui semble en pose biblique, d’un personnage seul et de son ombre tronquée, d’un parapluie rouge, dissimulant son porteur, cheminant en contrepoint de lignes qui semblent piétonnières et de la même couleur, d’un vaste magasin de chaussures avec un seul client, d’une vitrine de maroquinerie avec ses carrés et ses vendeuses en représentation comme un jeu d’échecs, d’un bâtiment d’avant la pub avec force couleurs aux lignes épurées avec une vague silhouette, de façades de maisons superposées représentant les trois âges de la vie où même le photographe comme un pied de nez est présent, d’un caddie vide esseulé sur un mur rouge, d’un stand de marché aux épices multicolores dont le marchand - dans une diagonale dynamique - semble se cacher derrière un plastique en trompe-l’œil, il nous met sous les yeux une réalité que notre regard avait depuis longtemps délaissée. Parce que trop banale ou trop austère. Parfois trop riche. Ou ne retenant guère l’attention. La cité fourmille la journée faite d’états d’âme, de tensions. De cris et de murmures. Encore faut-il en faire minutieusement le tri. Savoir ce que l’on veut retenir dans ce brouhaha visuel. Là encore, Victor excelle en la matière dans ses choix. Par son sens aigu de la composition et par le rythme de ses couleurs, il nous entraîne dans un monde neuf de sensations qu’il a saisi comme un présent à nous remettre. Jean-Pierre Vorlet

La pause café (Lausanne)

Reflet sous la pluie (Lausanne Place de la Gare)

Famille avec Chiens (Ljubljana)

Le caddie oublié (Lausanne, Place du Flon)

Le Caddie oublié (Lausanne, Place du Flon)

Le choix (Lausanne)

Les trois âges de la vie (Zagreb)

La flaque (Morges)

Papier collé (Lausanne, Place du Tunnel)

Traces sur la neige (Lausanne, rue Centrale)

Centre commercial (Novo Mesto, Slovénie)

Au bonheur des dames (Lausanne)


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